Pour Rolande           

à la manière de Lamartine.

Au Moulin des lapins tout au fond de la ruelle

Au lever du soleil, tristement je m’assieds ;

Je promène au hasard mes regards habituels

Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

 

Là je vois Pierre Levey et sa voix écumante ;

Il parle des retraites, de ses règles obscures

Puis Martine nous lance toutes ses idées charmantes

Sur l’avenir féminin qui s’élève dans l’azur

 

Au centre de la table, là où s’assied Rolande

Sa présence encore jette un dernier rayon

Et le char vaporeux de cette reine de légende

Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.

 

Tout Ressac est en larmes, la scène est pathétique

C’est comme un deuil soudain qui obscurcit les airs

Le senior qui consacre son temps à la boutique

À ces tristes nouvelles pleure devant la verrière

 

Danielle Seignourel au Moulin à café

Devant deux ou trois ploucs raconte sur l’absence

Même les maternelles s’en trouvent affectées

Ressac pour un temps a perdu tout son sens

 

Mais à ces durs tableaux mon âme indifférente

N’éprouve devant eux ni charme ni transports ;

Rolande va nous quitter ainsi qu’une ombre errante

Il faut nous habituer et ça ne va pas fort

 

Sortant de Florimont, en vain portant ma vue,

Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,

Je parcours tous les points de l’immense étendue,

Et je dis :  » Nulle part le bonheur ne m’attend. « 

 

Pourquoi ces réunions dans notre phalanstère

Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?

Ces dossiers de retraite, tous ces clients si chers,

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

 

Rolande, oh ma Rolande. Rolande de mes nuits

Garde nous dans ton cœur maintenant que tu pars

Et si nous survivons, à partir d’aujourd’hui

Ressac de mes jours demeure en plein brouillard

 

Emmanuel – Mars 2019

 

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