Micro-Entreprise : une tendance lourde

Le micro-entreprenariat : une tendance lourde et un champ d’action spécifique pour Ressac

Les Echos ENTREPRENEUR

L’entreprise en solo : quelques chiffres en 2017

En France, 96% des 3.1 millions d’entreprises sont des Très Petites Entreprises – TPE –  (source INSEE), dont près de 50% dans le commerce et les services aux entreprises,

55% sont des entreprises n’ont aucun salarié,

On dénombre entre 550 000 et 600 000 créations chaque année (chiffre stable depuis plusieurs années)

Le développement de la création des micro entreprises a été favorisé par les décisions politiques suivantes :

  • La loi DUTREIL de 2003, dont une des mesures a été la création de la SARL à capital variable (SARL à 1 euro),
  • La création du régime d’auto-entrepreneur en 2009,
  • Le remplacement du statut d’auto-entrepreneur par celui de micro-entrepreneur en janvier 2016.

 

Les catégories-types de créateurs d’entreprises (source INSEE)

Ceux qui veulent créer « une activité de complément »

  • Les salariés du privé(16% de l’ensemble des créateurs). Ils interviennent dans le commerce ou dans les services à la personne et sont micro-entrepreneurs dans 82% des cas.
  • Les retraités(5%). Ils sont positionnés dans le conseil aux entreprises. Il faut noter que sans le régime d’auto-entrepreneur, 70% des retraités n’auraient pas créé leur entreprise.
  • Les entrepreneurs de l’enseignement et de la santé(8%), au profil majoritairement féminin et plutôt diplômés.
  • Les étudiants(4%). Plus de 60% ont moins de 25 ans. Ils interviennent dans les services aux entreprises, l’information et la communication.

 

Ceux qui veulent « créer leur propre emploi »

  • Les non-diplômés débutants(10%). Leur motivation est simple : créer leur emploi, dans 50% des cas dans le commerce. Dans cette catégorie, la part des femmes est plus élevée que la moyenne (46%).
  • Les consultants(spécificité francilienne) (12%). Ils agissent en tant que sous-traitants.
  • Les créateurs de la construction(14%). Population masculine, titulaire de diplômes techniques (CAP – BEP), essentiellement d’anciens salariés du secteur de la construction ou sortant d’une courte période de chômage.

 

Ceux qui veulent « créer une entreprise classique »

  • Les chômeurs(19%). Ils agissent dans le commerce ou les services à la personne
  • Les créateurs expérimentés(12%). Leur profil est très majoritairement masculin (83%), de 40 ans et plus. Dans 50% des cas, ils choisissent le statut de personne morale.

 

Les évolutions du profil, des attentes et des motivations des créateurs-créatrices

 Profil

  • De plus en plus jeunes. Ce rajeunissement est un effet de la sensibilisation à l’entreprenariat dans les parcours de formation et résulte d’une forte volonté politique,
  • La moyenne d’âge des créateurs-créatrices est de 37 ans,
  • La crainte de l’échec est de moins en moins prégnante. Celui-ci est considéré comme un apprentissage en soi.
  • Le développement du mode solo montre une évolution sensible. On est passé de « créer une activité » à « créer son activité ».

Attentes

  • Les attentes des créateurs-créatrices sont conditionnées par l’équation de base formulée par les économistes à la fin du XVIIIè siècle, et qui reste d’actualité : Être entrepreneur = gérer l’incertitude + prendre des risques + innover
  • De manière globale, les créateurs-créatrices :
  • Veulent apprendre à consolider leur activité et leur croissance dans le temps,
  • Aspirent à un engagement citoyen plus fort pour agir en local,
  • Font de l’entreprenariat un élément de parcours de vie.

Motivations

  • Une constante : tous les créateurs-créatrices aspirent à l’indépendance et une grande majorité d’entre eux veulent saisir une opportunité de marché.
  • Ils veulent aussi donner du sens à leur action.  En privilégiant la recherche d’accomplissement personnel v/s la performance financière et la recherche de profit.
  • Les créateurs-créatrices veulent de plus en plus utiliser l’entreprenariat comme un facteur d’insertion sociale (voulue ou par défaut).

 

La solitude du micro-entrepreneur : un risque majeur dans la création puis dans la vie de l’entreprise

Au-delà du nécessaire et indispensable apport de savoirs techniques (définition de l’offre; plan d’affaires; statut juridique; régime fiscal; statut social …), le créateur peut, selon sa personnalité, ses propres ressources, avoir besoin :

De quelqu’un de qualifié, exigeant et bienveillant (hors famille, hors proches), à qui exposer ses doutes, ses anxiétés, à qui poser des questions, à qui faire part de ses rêves …, D’être compris comme entrepreneur (hors des réseaux sociaux, des institutions et des structures marchandes), D’accepter le yoyo permanent entre confiance (voire euphorie) et doute (voire déprime).

Rôle du conseiller RESSACaide au créateur d'entreprise

A partir de ces constatations, on peut définir comme suit les rôles du conseiller RESSAC

En ce qui concerne le public accompagné par Ressac, la prise de risque est à relativiser, car il s’agit pour l’essentiel de ce que certains qualifient d’ « entrepreneurs sécurisés », c’est-à-dire pour lesquels la prise de risque, particulièrement financière, est (très) limitée.

Dans sa pratique, le conseiller Ressac peut être amené à jouer tout ou partie des rôles suivants, en fonction de ses compétences, de ses goûts, mais aussi des besoins et des attentes des créateurs-créatrices.

Conseiller, en orientant les choix et les décisions

Coach endéveloppant une compétence spécifique …

Consultant enrecommandant des actions …

… et mentor en accompagnant et en motivant …

Ressac aurait grand intérêt à valoriser sa capacité à proposer, selon les demandes liées à l’avancement du projet de création, un accompagnement dédié, pouvant mobiliser plusieurs conseillers Ressac à tour de rôle (en s’appuyant sur son « portefeuille de compétences » disponibles). Il y a là un élément de différenciation fort avec les autres acteurs de l’aide à la création d’entreprise.

Par ailleurs, parce que les trois premières années d’existence sont les plus difficiles à passer pour l’entreprise, Ressac pourrait élargir son champ d’activité à l’accompagnement du développement de l’entreprise. Dans cette perspective, la devise de la section création d’entreprises de Ressac pourrait devenir le suivant : « Conseiller et accompagner les créateurs  d’entreprises. De l’idée au projet, puis au développement de l’activité. »

 

Raymond Uger

 

 

 

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